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jeudi 21 décembre 2006

Un instrument du plaisir nous parle.. qui suis-je ? (1)


Abandonné au fond d’un tiroir.. triste sort.. Pourtant, à chaque fois qu’elle se rappelle de moi, qu’elle a envie de me voir, de me sentir contre elle, sur elle, qu’elle me sort de ma boite pour m’utiliser, le plus souvent elle en est finalement ravie et comblée.. Alors pourquoi cette solitude, pourquoi cet oubli au fond d’un tiroir, dans une boite à chaussure.. en compagnie de mon blanc compagnon d’infortune! Mes deux frères, eux, sont souvent portés aux nues .. Mon seul plaisir est de me dire qu’ils s’useront bien plus vite !
Quelle n’est pas ma joie, mon excitation quand ses longs doigts fins et parfumés plongent sur moi, qu’ils me prennent délicatement, qu’elle me déplie, qu’elle me lisse et qu’elle me retourne jusqu’à ce qu’elle me remette à l’endroit.
Je retrouve mes compagnons d’achat.. Je vois avec plaisir que le string et le balconnet font encore belle figure sur le doux corps de ma maîtresse. Puis c’est mon tour.. elle me passe autour de sa taille, elle referme délicatement les accroches sur ses hanches.. Vient le tour des bas, de beaux noirs rehaussés de dentelles ! Elle les déroule lentement sur ses douces jambes vers mes pinces, ils glissent jusqu’à mi-cuisse. Je les agrippe dans mes douces pinces.. La fébrilité de ses mouvements, les légers tremblements de son corps, de ses mains me laissent rêveur quant à la suite de la soirée qui ne fait que commencer...
Elle choisit pour me cacher de porter une longue robe noire fendue au décolleté généreux. Maintenant, il fait noir.. mais à chacun de ses pas je peux espérer qu’un filet de lumière vienne effleurer l’une de mes bretelles, découvrant ainsi ces quelques centimètres carrés qui font tourner la tête des hommes.. Une cuisse, un bas, une jarretière.. rien de plus simple pour soumettre un homme à ses désirs.. A cela s’ajoutent les hauts talons, le maquillage discret mais qui révèle à merveille sa beauté ...
Ca y est ma mission a commencé ! Par tous les moyens je dois me faire découvrir discrètement par celui qui me dégrafera tout à l’heure..
Au programme ce soir... Pour peu que je puisse m’en rendre compte, un repas à six. Deux couples d’amis de l’université, un repas simple et du vin ! Mon futur dégrafeur rentre vers 19h30. Les amis arrivent vers 20h. Cela lui laissera quelques minutes pour admirer ma maîtresse, pour l’embrasser, pour la caresser délicatement. Assez pour éveiller les sens de cet amant... trop court pour découvrir tous les plaisirs désirés de cette soirée... Sans doute découvrira-t-il que j’ai été ressorti de l’armoire où je me languis depuis des mois, qu’elle lui donne un signal clair sur ce qu’elle veut pour la suite, .. Que la bouteille de Champagne est déjà mise au frais pour tout à l’heure..
Il est 19h20, la porte s’ouvre, il entre, s’attarde dans le hall jette son sac dans le couloir et entre dans le salon... Elle, debout, appuyée sur la table un sourire complice .. Interloqué il se dirige vers elle sans un mot, l’embrasse..
Les câlins se muent rapidement en caresses superficielles. Intime de ma maîtresse, je constate que ces caresses ne la laissent pas indifférente.. A raison, elle le repousse à la fois pour éviter une trop grosse frustration et aussi pour lui signaler qu’il ne peut rester ainsi..
Frustré d’avoir dû s’arrêter dans ses caresses, son homme monte se « refaire une beauté ». S’il a eu le temps de plonger dans le décolleté, il n’a, je pense, pas eu le temps de constater ma présence... (Photo, ensemble Aubade Symphonie, qui est celui qui illustre le propos.. le Balconnet, et le tanga sont identique...)

Un instrument du plaisir nous parle.. qui suis-je ? (2)


20h05, les quatre amis arrivent ensemble ! Si l’apéro est pour moi très agréable, le reste de la soirée est sinistre.. caché sous la table à sentir ses jambes se croiser et se recroiser! L’apero par contre, sa robe fendue laisse parfois entrevoir ma présence à tous les invités.. Y en a-t-il un qui m’a remarqué ? Je l’espère.. mais le seul à m’avoir touché pendant la soirée .. c’est lui, l’amant de ma maîtresse, qui après m’avoir remarqué, lui a glissé à l’oreille : « Merci ma chérie... tu es superbe ce soir... ». Sa main, je ne l’ai sentie qu’une seule fois pendant le souper.. Elle était au fourneau, il est arrivé par derrière, l’a tendrement embrassée dans le cou et a glissé sa main entre les pans de sa robe.
Vers minuit, ils sont tous rapidement partis.. Elle sort la bouteille de champagne, l’ouvre et à même le goulot en avale une lampée qu’elle s’empresse de partager avec lui. Tout s’enchaîne tellement rapidement que je ne me souviens plus exactement à quel moment je suis sorti du jeux. Je me souviens pourtant d’avoir moi aussi goûté au nectar champenois, de voir voler la robe au milieu du salon, de sentir ces doigts mélangés autour de moi, .... Je me rappelle du ventre de ma maîtresse se tordre et se relâcher à intervalle, de ses longues mains d’homme se frayant un passage entre les jarretelles, les bas et la culotte où il pouvait sentir l’excitation de sa femme grandir. Quand elle s’est assise sur le visage de l’amant, qu’il a embrassé son sexe au travers des tissus, c’est à ce moment ou des doigts experts m’ont dégrafé et où j’ai valsé au milieu de la pièce, perdant tout de la scène à laquelle j’avais grandement contribué.La seule chose que je peux encore dire sur le reste de la soirée, ce sont les bruits, souffles et autres paroles échangées entre les époux....
Je suis resté toute la nuit dans ce salon au milieu de la pièce en compagnie des bas encore attachés au bout de mes pinces, à côté des chemise, robe et autre boxer.. Ce n’est que le lendemain matin, qu’elle est venue ranger la pièce.
Et voilà de là où je vous parle, j’ai rejoint mon compagnon d’infortune.. Le blanc, porté une seule fois le jour de leur mariage qui n’a aucun souvenir érotique à partager. Notre seul lien : s’il a été porté, c’est un peu grâce à moi .. Cadeau de fiançailles, je faisais partie de l’ensemble offert deux ans plus tôt. Cette fois sera peut-être la dernière fois que j’aurais été porté alors, j’aime à me rappeler cette merveilleuse soirée comme si elle était la dernière.
(Photo, PJ Aubade Symphonie, qui va avec le reste.. .)